La réeducation

La réeducation

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LSF

Accompagner la famille et l’enfant

L’annonce d’une surdité n’est pas chose facile à entendre et à accepter. Les réactions émotionnelles des parents sont normales et connues sous le nom de « processus de deuil ». Abandon des illusions et des rêves faits pour leur enfant, les parents doivent s’adapter à l’événement.
Les étapes du deuil sont nombreuses : le déni, l’anxiété, la peur et la culpabilité en sont quelques unes. A la fin du processus arrive l’acceptation. Seule cette dernière permettra aux parents de mettre en uvre des stratégies psychologiques et comportementales nouvelles et positives pour l’enfant. Ces stratégies s’articulent bien entendu autour de l’éducation de l’enfant.

En 2001, le Bureau International d’Audiophonologie (le BIAP) recommandait ainsi que l’éducation auditive ait une place prépondérante dans la prise en charge de l’enfant sourd. Il ne faut, en effet, pas oublier que malgré la performance sans cesse améliorée des appareils, la déficience auditive persiste avec ses implications et ses exigences. En aucun cas, on ne peut se contenter de réduire l’éducation auditive de l’enfant sourd à une imprégnation sonore.
Selon le BIAP, l’éducation auditive doit ainsi s’insérer dans une prise en charge multidisciplinaire qui s’intéresse non seulement aux aspects médicaux et prothétiques mais aussi à l’ensemble des aspects logopédiques et psychologiques. Elle doit donc tenir compte du projet de développement de la communication et du langage oral propre à chaque enfant. Ce projet doit être défini en partenariat avec la famille et l’entourage de l’enfant, il doit aussi être l’objet d’une évaluation régulière.

On parle alors de « guidance parentale ». Impliqués et accompagnés, les parents s’adaptent à l’handicap de leur enfant.

Choisir un mode de communication

L’article 33 de la loi du 18 janvier 1991* dispose qu’il est proposé aux jeunes sourds et à leurs parents, le libre choix entre une communication bilingue associant la langue des signes françaises (L.S.F) et le français et une communication orale.

L’éducation orale privilégie l’apprentissage de la parole. Il s’agit de placer l’enfant sourd dans un « bain de langage » en associant la lecture labiale et l’éducation auditive. Deux méthodes sont particulièrement adaptées à l’éducation orale et donnent, en général, de bons résultats.

Le langage parlé complété (LPC)

Le langage parlé complété s’appuie sur la lecture labiale qu’il complète d’un code syllabique manuel et visuel. Des mouvements de la main à proximité des lèvres sont destinés à lever les ambiguïtés de la lecture labiale (sosies labiaux, phonèmes peu identifiables?). Il s’agit d’un langage parlé.
Utilisé dans de nombreux établissements spécialisés depuis 1975 ? date de l’introduction de cette méthode en France ? le LPC facilite l’accès à la langue orale et à la lecture. Il favorise l’acquisition naturelle de la structure de la langue mais nécessite cependant un fort engagement de la part de la famille et de la structure d’accueil. Il faut en effet stimuler sans cesse l’enfant pour lui permettre d’acquérir et d’utiliser ce langage.

Le système est particulièrement facile et rapide à apprendre (15 heures environ) mais 3 à 6 mois de pratique sont nécessaires pour pouvoir coder à vitesse de parole normale.

La méthode verbo-tonale

La méthode verbo-tonale est basée sur une idée simple : on perçoit la parole grâce à l’ensemble de nos sens. La perception ne se restreint pas à l’audition.

Aussi la méthode inscrit-elle l’apprentissage de la parole dans sa globalité. Elle conduit, via une perception multisensorielle ? auditive, corporelle et visuelle -, à l’expression orale la plus adaptée. Des appareils amplificateurs de sons avec filtres, des techniques de rythme corporel et musical et des diapositives pédagogiques sont utilisées pour apprendre aux jeunes sourds à vivre, à percevoir et à produire des sons. Les mouvements du corps permettent à l’enfant d’acquérir l’image des structures du langage et de les reproduire oralement.

La méthode verbo-tonale est employée avec succès dans les jardins d’enfants d’institutions à objectifs très oralistes, dans certaines classes intégrées au sein d’établissements de l’Education Nationale et dans certaines associations.

Les parents d’enfants sourds peuvent privilégier une éducation dite « bilingue » qui associe la langue orale et la langue des signes. On parle alors du « Français signé ».

La langue des signes française (LSF)

La langue des signes françaises est la plus ancienne méthode d’éducation destinée aux sourds. C’est au XVIIIème siècle que l’abbé Charles Michel de l’Epée inventa ce système éducatif fondé sur les signes naturels qu’il avait pu observer chez les sourds. Dès lors, la LSF permis à de jeunes sourds de sortir de leur isolement communicationnel.

Développée en symbiose avec le français, la LSF permet une créativité lexicale très importante. Grâce à elle, l’enfant sourd sort du langage concret et immédiat, explore les voies de l’imagination et peut étendre ses moyens d’expressions. Elle permet de développer rapidement la compréhension et l’expression de l’enfant.
L’apprentissage de la LSF par les parents est une condition primordiale pour établir une communication linguistique pertinente avec leur enfant.

Pratiquée par 80 000 sourds, la LSF n’est pas le moyen privilégié de communication de l’ensemble de la population sourde de notre pays. Elle a néanmoins été officialisé par une loi en 1991 et est depuis peu considérée comme une langue d’enseignement, donc présentable en option au baccalauréat. La Communauté Européenne incite également chacun de ses membres à reconnaître la langue des signes en usage sur son territoire ainsi que son droit d’usage.

Le Français signé

Ce terme désigne la pratique simultanée de la parole et de signes dans la LSF. Tous les mots prononcés peuvent être ou non conjointement signé.

Le Français signé a l’avantage de permettre aux parents d’utiliser leur langue maternelle tout en ponctuant leur parole de signes destinés à favoriser la compréhension de l’enfant. Autre bénéfice : tout en pratiquant la langue des signes, l’enfant reçoit également des stimulations sonores.

Financièrement parlant

Pour compenser les frais d’éducation et de soins apportés à votre enfant handicapé, vous pouvez demander l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) à la Sécurité Sociale. Remplaçant l’allocation d’éducation spéciale depuis le 1er janvier 2006, l’AEEH est composée d’une allocation de base à laquelle peut être ajouté un complément d’allocation. Graduée en 6 catégories, le montant du complément dépend :

  • du coût de l’handicap de l’enfant,
  • de la cessation ou de la réduction d’activité professionnelle de l’un des parents nécessitée par ce handicap,
  • de l’embauche d’une tierce personne.

Une majoration spécifique peut aussi s’y ajouter si l’enfant bénéficiant de l’AEEH et d’un complément est à la charge d’un parent isolé. Cette allocation ne fait pas obstacle au versement d’autres prestations familiales.

La demande se fait auprès de la Commission départementale d’éducation spécialisée (CDES) par l’intermédiaire de votre Caisse d’allocations familiales (CAF).

Pour plus de détails

Pour vous occuper d’un enfant à charge atteint d’un handicap, vous pouvez également obtenir l’allocation journalière de présence parentale. Pour cela vous devez être salarié, agent de la fonction publique, non salarié, demandeur d’emploi ou stagiaire rémunéré de la formation professionnelle et cesser votre activité totalement ou partiellement. Vous pouvez en faire la demande en vous adressant à votre Caisse d’allocations familiales (CAF).

* Téléchargez la circulaire n°93-201 du 25 mars 1993 relative à l’éducation des jeunes sourds et aux conditions d’application de l’article 33 de la loi n°91-73 du 18 janvier 1991.

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