Prothèses auditives : quand et comment s’équiper ?

Prothèses auditives : quand et comment s’équiper ?

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Prothèses auditives : quand et comment s'équiper ?

Vous avez la sensation de ne plus entendre aussi bien qu’avant ? Premier réflexe indispensable : consulter un ORL (oto-rhino-laryngologiste). C’est ce spécialiste en médecine qui teste l’audition, pose l’indication d’un appareillage auditif, et établit l’ordonnance.

L’audioprothésiste adapte l’appareil, il améliore l’audition, mais il n’est pas en mesure de décider si la surdité présentée nécessite une surveillance particulière, une chirurgie, ou un appareillage.

Et surtout, l’ORL vérifie que, derrière la perte auditive, ne se cache pas une maladie plus grave. Il est conseillé de consulter tous les ans quand on porte une prothèse. « Le piège classique ? Des personnes qui, une fois appareillées, n’ont plus de suivi médical », dit le Pr Valérie Franco-Vidal, ORL.

Qui doit porter une audioprothèse ?

Deux critères sont essentiels : une perte auditive moyenne supérieure à 30 décibels (dB, 0 dB étant le seuil d’audibilité, 30 dB correspondant à une conversation à voie basse), et qui constitue un réel handicap. « Cela ne sert à rien de proposer une prothèse auditive à quelqu’un qui n’est pas demandeur d’une aide », insiste la spécialiste. La gêne dans la vie personnelle et sociale doit être suffisante pour accepter les contraintes financières et esthétiques d’un appareil auditif. « Ces deux éléments doivent être mis en balance », conseille le médecin.

Les critères à prendre en compte pour choisir son appareil auditif

Quel audioprothésiste consulter ?

Les médecins et les associations de personnes malentendantes sont unanimes : préférez un professionnel qui vous prête les appareils avant l’achat. Tous les audioprothésistes ne le font pas, bien que ce service soit obligatoire depuis 2008 (arrêté du 31 octobre 2008 L. 65-9 publié au J.O. le 4 novembre 2008).

Ils doivent de plus vous remettre un devis normalisé qui indique de façon distincte le prix et les capacités techniques de l’appareil, ainsi que le prix des prestations de service : rendez-vous réguliers pour régler et adapter l’appareil. « Il faut pouvoir tester les appareils pendant au moins quinze jours, et retourner si besoin les faire régler », estime le Pr Franco-Vidal.

Méfiez-vous également des promesses irréalistes : « Il ne faut jamais assurer au patient que l’appareillage auditif sera un miracle, en particulier s’il a une grosse distorsion sonore et des acouphènes. »

Une prothèse auditive adaptée à chacun selon ses besoins

« Il faut d’abord déterminer le type de prothèse selon la perte auditive, c’est-à-dire le minimum de gain nécessaire pour récupérer une bonne qualité d’audition. Ensuite, il faut réfléchir à l’usage et à la praticité de l’appareil en fonction de l’âge, de l’activité professionnelle, de la vie personnelle », conseille Philippe Metzger, audioprothésiste.

Le budget intervient seulement après, car on peut trouver de bonnes solutions sans dépenser 2 000 € par oreille !
Toutes les prothèses indiquées dans la presbyacousie fonctionnent sur le même principe. Elles sont constituées d’un microphone qui capte le son, d’un microprocesseur qui traite le signal numérique et d’un haut-parleur, appelé écouteur, qui restitue le son.

L’assistant d’écoute Octave, proposé en pharmacie sans ordonnance, amplifie le signal pour un gain de 11 ou 20 dB, mais il ne le traite pas. C’est certes moins cher, mais non remboursé !

Quelles sont les différences entre les appareils auditifs ?

Les contours d’oreille classiques

Tout l’appareil est situé derrière l’oreille. Un tube translucide, long de 2 à 3 cm, transporte le son jusqu’à un embout fabriqué sur mesure et situé dans l’oreille. Ils conviennent aux pertes légères à profondes.

  • Les avantages : puissants, faciles à manipuler, à mettre et à retirer, ces modèles restent une valeur sûre. Leur pile est grosse, et se change moins souvent (tous les 15 jours environ). Solides, ils sont conseillés en général aux enfants et aux personnes âgées.
  • Les inconvénients : peu discrets. La propagation du son dans le tube provoque une légère distorsion.
  • Prix : de 500 à 2 000 € par oreille.

Les contours d’oreille à écouteur déporté

L’écouteur est dans l’oreille. Le tube est remplacé par un fil plus fin et discret. Ils conviennent aux pertes légères à profondes.

  • Les avantages : plus petits, plus esthétiques, ils conservent un microprocesseur puissant et une grosse pile (bonne autonomie).
  • Les inconvénients : l’écouteur est fragile, il se détériore et se bouche plus facilement. Il ne tient pas toujours correctement dans l’oreille.
  • Prix : de 800 à 2 000 € par oreille.

Les intra-auriculaires classiques

L’appareil est placé dans le conduit auditif, au niveau du premier coude. Conséquence ? Il se voit de profil, mais pas de face. «   Ce type de dispositif permet de récupérer un effet naturel d’amplification grâce au pavillon de l’oreille   », précise Philippe Metzger. Ils conviennent aux pertes légères à sévères.

  • Les avantages : discrets, dans le circuit naturel du son.
  • Les inconvénients : fabriqués sur mesure, ils sont plus complexes à réaliser, l’empreinte doit être parfaite. Prévoir plusieurs essais. La pile est plus petite, avec une autonomie de 4 à 5 jours. Plus fragiles aussi, sensibles au cérumen et à l’humidité.
  • Prix : à partir de 1 500 € par oreille.

Les intra-auriculaires profonds

L’appareil est placé dans le canal, le microphone à 4 mm de l’entrée de l’oreille afin de focaliser au maximum l’effet pavillonnaire, et environ à 4 mm du tympan pour augmenter le gain. Ils conviennent aux pertes légères à sévères.

  • Les avantages : ultra-discrets, ils ne se voient pas du tout.
  • Les inconvénients : l’écouteur est plus petit, limitant le gain. Ils ne conviennent pas aux surdités profondes. Et comme tous les appareils placés dans le conduit auditif, ils sont plus fragiles.
  • Prix : à partir de 1 700 € par oreille.

5 règles essentielles à retenir

  1. Il faut être examiné par un médecin ORL avant de s’équiper.
  2. Le premier rendez-vous chez l’audioprothésiste doit durer une heure. Dans les chaînes de distribution grand public, vérifier que la personne qui conduit l’entretien est bien audioprothésiste.
  3. Le professionnel doit prêter le modèle sélectionné pendant au moins 15 jours.
  4. En cas de surdité importante, préférer les contours d’oreille.
  5. Plus l’appareil est petit, moins il a de pouvoir d’amplification.

Nathalie Courret – Consultant(s): Pr Valérie Franco-vidal, ORL, CHU, hôpital Pellegrin à Bordeaux Philippe Metzger, audioprothésiste