Acouphènes, quelles solutions ?

Acouphènes, quelles solutions ?

0 2115

Un quart de la population française serait touchée par les acouphènes. À défaut d’être supprimés, ces bruits parasites peuvent être atténués.

On se réveille un matin avec des sifflements dans les oreilles, généralement de tonalité aiguë. Ils s’installent brutalement ou plus progressivement.

Des bruits exacerbés en cas de stress

Intermittents ou continus, ces bruits parasites affectent réellement la qualité de vie  :

  • fatigue ;
  • irritabilité ;
  • problème d’endormissement ou de concentration.

La personne qui en est victime est seule à les entendre, mais cela ne signifie pas que ces bruits n’existent pas. On sait d’ailleurs mesurer leur intensité (acouphénomètrie).

Et plus la personne est anxieuse et stressée, moins le cerveau parvient à les éliminer et plus ils sont perçus fortement.

Les acouphènes plus fréquents avec l’âge

Dans 90 % des cas, les acouphènes sont associés à un déficit auditif et sont donc plus fréquents avec l’âge, explique Martine Ohresser, médecin ORL spécialiste des acouphènes.

Les 10 % restants sont d’origine mécanique  : problèmes d’articulée dentaire (dent retirée et non remplacée, par exemple), arthrose cervicale ou temporo-mandibulaire (articulation qui unit la mâchoire au crâne).

Ils peuvent également apparaître après une soirée en discothèque ou un concert, sources de traumatisme sonore. Dans ces cas précis, s’ils persistent au-delà de quarante-huit heures, il faut consulter un ORL en urgence.

Acouphènes : quelle prise en charge ?

Les acouphènes ne disparaissent qu’exceptionnellement, mais il est faux de penser qu’il n’y a rien à faire.

On sait par exemple qu’on perçoit moins les acouphènes lorsqu’on est occupé ou absorbé par une tâche, ou lorsqu’ils sont masqués par le bruit environnant, les sons extérieurs.

La solution  : apprendre à déconnecter son cerveau de ce bruit et parvenir à un état d’habituation permettant de ne plus se focaliser sur cette gêne.

Pour y parvenir, la prise en charge par une équipe multidisciplinaire spécialisée – médecin ORL, audioprothésiste, psychologue – est essentielle.

Protections auditives et psychothérapies

Les médecins commencent par expliquer comment les acouphènes sont générés et traités par le cerveau.

La personne qui les perçoit apprend à :

  • éviter l’exposition aux sons forts ;
  • porter des protections auditives (bouchons, casque) quand cela est nécessaire ;
  • éviter le silence en privilégiant l’écoute d’un bruit de fond à faible intensité.

En cas de baisse auditive associée, un appareillage adapté est prescrit. Certains de ces dispositifs sont combinés à un générateur de « bruits blancs », d’intensité très faible, qui détournent le cerveau des acouphènes et lui évitent de se focaliser dessus.

Par ailleurs, des psychothérapies brèves, centrées sur le symptôme, contribuent au processus d’habituation. En une dizaine de séances, thérapie comportementale et cognitive, sophrologie ou hypnose permettent de vivre en paix avec ses acouphènes.

La participation à des groupes de parole offre également une écoute – entre malades – qui réconforte.

Les traitements contre les acouphènes

La médecine progresse. Des chercheurs italiens de l’université de Chieti-Pescara ont découvert que le Pycnogenol, un extrait d’écorce de pin des Landes, pouvait soulager des acouphènes.

Les personnes traitées avec une dose de 150 mg par jour pendant quatre semaines ont ainsi vu la sévérité de leurs symptômes diminuer de plus de la moitié, passant de 8, 8 à 3,3 sur une échelle allant de 0 (symptômes mineurs) à 15 (acouphènes constants et sévères).

Des chercheurs français travaillent de leur côté sur un médicament qui devrait être testé prochainement et sur la stimulation électrique des voies auditives. De nouveaux espoirs en vue.

Publié le 03/10/2014. Source: dossierfamilial.com

ARTICLES SIMILAIRES