Les premiers implants auditifs du tronc cérébral

Les premiers implants auditifs du tronc cérébral

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Les premiers implants auditifs du tronc cérébral

Aux États-Unis, deux femmes sourdes viennent de subir une intervention à hauts risques qui consiste à poser des implants dans leur tronc cérébral. Ces dispositifs ont été conçus dans le but de leur rendre l’audition en stimulant directement les nerfs.

Certaines personnes privées d’audition s’étaient déjà vues poser des implants près du tronc cérébral, mais encore à l’extérieur de celui-ci, or les résultats ne se sont pas révélés concluants. Fournir des signaux auditifs directement vers l’intérieur du tronc cérébral serait en effet plus efficace, mais ce tronc servant de transmetteur pour les signaux de l’ensemble du corps vers le cerveau, son moindre endommagement par un implant aurait donc des conséquences désastreuses.

La procédure est encore beaucoup plus risquée que, par exemple, placer un implant dans le cortex pour tenter de rendre une partie de la vision au patient. « Si vous endommagez le cortex, ce n’est pas un gros problème. En revanche, le moindre neurone endommagé au niveau du tronc cérébral peut affecter les fonctions », explique Bob Shannon du House Ear Institute de Los Angeles, le chirurgien qui a réalisé l’intervention pour la première fois. « Il nous a fallu 15 ans pour nous assurer que cela pourrait être réalisé en toute sécurité. »

La plupart des cas de surdités sont causés par des problèmes de cellules ciliées, des sortes de mini-cheveux sensibles qui détectent le son dans la cochlée de l’oreille. L’implant cochléaire passe outre ces cellules et stimule le nerf auditif directement. Néanmoins, il n’est logiquement pas possible que cet implant puisse aider une personne avec une cochlée ou un nerf auditif endommagé. Cela se produit souvent à la suite d’une neurofibromatose de type II (NF2), une maladie rare qui provoque des tumeurs bénignes dans l’oreille interne.

Nerfs stimulés et fourchettes de fréquences

À l’heure actuelle, la seule façon de rendre une meilleure audition à une personne attente de NF2 est de stimuler le tronc cérébral par le biais d’un dispositif non-pénétrant appelé l’implant du tronc cérébral auditif. Celui-ci permet à la personne d’entendre, mais globalement pas assez bien pour comprendre la parole. Cela est dû au fait que l’implant ne pas peut stimuler différents groupes de nerfs correspondant chacun à une gamme de fréquences des sons perçus, ou canaux.

Les implants cochléaires n’ont pas ce problème car les nerfs correspondant aux fréquences audibles sont répartis sur la longueur de la cochlée. En stimulant différents points de cette dernière, il est ainsi possible d’activer huit voire davantage de canaux, ce qui est assez pour comprendre une conversation téléphonique.

Bob Sannon espère pouvoir améliorer son implant sur tronc cérébral notamment en l’équipant de huit électrodes de longueur différentes, de manière à pouvoir stimuler plusieurs faisceaux de nerfs individuellement et donc produire différentes fréquences.

La clé de la conception de l’implant est la forme des électrodes. Trop pointues, elles coupent les cellules, trop grossières, elles les écrasent. Après avoir expérimenté un certain nombre de forme sur des animaux et des cadavres, Bob Shannon est arrivé à un design ressemblant à la pointe d’un crayon qui glisse entre les neurones sans les endommager. Cette forme s’est avéré suffisamment sécurisée pour que l’implant puisse être testé sur des gens.