Aide auditive : le choix d’un audioprothésiste

Aide auditive : le choix d’un audioprothésiste

Aide auditive : le choix d'un audioprothésiste

S’équiper de prothèses auditives n’est pas aussi simple que d’acheter des lunettes. La qualité de l’audioprothésiste conditionne pour beaucoup la réussite de l’appareillage.

Les critères

Le bouche-à-oreille est souvent une bonne source. Demandez à votre complémentaire santé si elle peut vous faire bénéficier de réductions obtenues d’un réseau d’audioprothésistes partenaires.

La proximité

À privilégier si vous avez des problèmes pour vous déplacer car les rendez-vous sont fréquents dans les premiers mois.

Comparer

Consultez, si possible, deux ou trois audioprothésistes pour juger du contact avec eux et avoir plusieurs devis.

Indépendant ou enseigne connue ?

L’essentiel est de vous adresser à un ­professionnel expérimenté et offrant un choix suffisant de matériel et de gammes de prix. Un indépendant n’a simplement pas les moyens de communiquer comme une enseigne ou un réseau.

Les offres publicitaires

Le « bilan auditif gratuit » n’est pas utile puisque l’ORL qui prescrit les prothèses le réalise au préalable. L’« essai gratuit » n’est pas un avantage distinctif car il est largement proposé. La « réduction sur la deuxième prothèse » n’est pas avantageuse si la première est surfacturée. Les bas tarifs mis en avant sont souvent des « prix ­d’appel » portant sur des articles en ­réalité peu vendus, etc.

Le premier entretien

L’audioprothésiste vous demandera l’ordonnance et l’audiogramme de l’ORL (donnez des photocopies et conservez les originaux jusqu’à la commande) et procédera à des tests dans une salle insonorisée afin de déterminer précisément votre inconfort d’écoute : tests dans le bruit et dans le silence, écoute de voix d’hommes et de femmes, etc.

Une approche personnalisée

Il vous posera des questions sur vos habitudes de vie afin de vous proposer les solutions les plus adaptées – et pas forcément les plus onéreuses. Si vous êtes surtout gêné en regardant la télévision, vous n’avez pas les mêmes besoins que si votre ­déficit vous empêche de ­comprendre une conversation. Il évaluera aussi votre capacité à manipuler des prothèses un peu compliquées et vous expliquera clairement leur ­fonctionnement sans vous assommer de termes techniques.

Pas de fausse promesse

La discrétion n’est pas toujours compatible avec l’effi­cacité. Les prothèses intra-auriculaires ne se remarquent presque pas mais elles ne conviennent souvent pas en cas de déficit important : l’audioprothésiste doit vous le dire. Méfiez-vous s’il vous promet une audition parfaite avec tel ou tel modèle : la prothèse ne permet pas de récupérer ses « oreilles de 20 ans ».

Un devis détaillé

Il comprend d’une part le prix de l’appareil (avec une fiche technique) et d’autre part celui des prestations d’adaptation. Assurez-vous que vous pourrez obtenir autant de rendez-vous que vous le souhaiterez dans la phase initiale pour trouver le bon modèle (plusieurs essais éventuellement) et procéder aux réglages successifs. Chez certaines personnes, cette phase peut être longue (plusieurs mois) et l’audio­prothésiste doit être prêt à vous consacrer du temps. Ensuite, des contrôles sont ­généralement prévus aux 3e, 6e et 12e mois après l’achat, puis chaque semestre.

La période d’essai

Elle est indispensable. Elle vous permet de vérifier que vous tolérez bien la prothèse, qu’elle vous convient et qu’elle n’est pas trop ­complexe à manipuler. Certes, réentendre demande un temps d’adaptation et de la persévérance, mais n’achetez pas un modèle si l’essai n’est pas concluant.

Les conditions du prêt

Assurez-vous que la durée de l’essai est suffisante (si ­possible au moins trois ­semaines). Prenez connaissance des frais éventuels si l’essai n’est pas gratuit ou si vous ­perdez une prothèse pendant la période d’essai. Sachez que le contrat de prêt prévoit parfois des frais de dossier si vous décidez finalement de ne pas passer ­commande.

Auteur: Anne Cogos