Un groupe canadien vainc la surdité par le rythme et la danse

Un groupe canadien vainc la surdité par le rythme et la danse

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Un groupe canadien vainc la surdité par le rythme et la danse

Un groupe de danseurs hip-hop winnipégois a décidé de briser les préjugés et l’isolement liés à la surdité en partageant sa passion sans mots, mais avec beaucoup de rythme et de basses.

Le groupe DEF UP est constitué de danseurs malentendants formés à leur art par une professeure qui entend, mais qui est aux prises avec un handicap physique.

« De les voir danser aussi bien, sinon mieux que moi, ça permet de comprendre qu’il n’y a aucune limite. On veut donc briser les limites imposées par les stéréotypes », confie Stephanie Strugar, la propriétaire de Difinity Dance Studio and Productions.

Elle souhaitait partager sa passion de la danse au sein de la communauté des malentendants de Winnipeg, malgré la barrière de la langue.

Faire vibrer les danseurs

Pour y arriver, elle a fait appel à des interprètes, a mimé les mouvements et amplifié les basses pour donner vie à la chanson Just like Fire de Pink en seulement cinq heures de répétitions.

« Ce n’est pas une question de son, mais de rythme, d’émotion, de créativité et de leur intégration dans une personne », explique Jordan Sangalang, l’un des danseurs.

Jordan Sangalang, danseur hip-hop :

« Je n’entends peut-être pas ce son particulier, mais je le ressens […] intérieurement et je l’exprime par la danse. »

La confiance pour vaincre les handicaps

Jordan Sangalang a toujours aimé danser, mais il ne l’avait jamais fait de façon professionnelle.

Avec Stephanie Strugar, il a toutefois senti un lien et une confiance naturels, ce qui lui a permis d’apprendre plus rapidement et sans grand effort.

« Elle est simplement ouverte d’esprit, ne nous juge pas et ne nous limite pas », soutient-il.

L’enseignante trouve l’origine de cette ouverture dans son enfance, lorsque l’arthrite et un syndrome rotulien lui causaient des douleurs chroniques, que certains voyaient plutôt comme de la paresse.

« Je craignais et fuyais toute activité qui éprouvait mes capacités physiques [mais] je voulais vivre et danser », se souvient-elle.

« J’ai sans cesse entendu les gens dire : “tu ne peux pas”! J’ai donc voulu prouver que je le pouvais. À tous ceux qui ont déjà eu ce sentiment d’échec à cause de toutes sortes de raisons, je voulais leur montrer que je pouvais », ajoute-t-elle.

Pour Mme Strugar, la danse est libératrice et sans limites. Bien qu’elle finance elle-même l’initiative, elle espère que celle-ci grandisse et trouve écho dans la communauté, jusqu’à faire son entrée dans les écoles.

Voir grand

Un spectacle du groupe est prévu le 25 novembre au Deaf Centre, mais les danseurs et leur professeure refusent de s’y limiter.

L’oeuvre sera filmée et publiée sur YouTube pour montrer à d’autres à danser, avec l’objectif d’inciter d’autres personnes à danser, à se filmer et à publier leurs performances.

Ils espèrent aussi susciter un rassemblement dansant lors de la journée internationale des personnes handicapées, le 3 décembre.