La surdité de l'enfant

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LSF

Accompagner la famille et l’enfant

L’annonce d’une surdité n’est pas chose facile à entendre et à accepter. Les réactions émotionnelles des parents sont normales et connues sous le nom de « processus de deuil ». Abandon des illusions et des rêves faits pour leur enfant, les parents doivent s’adapter à l’événement.
Les étapes du deuil sont nombreuses : le déni, l’anxiété, la peur et la culpabilité en sont quelques unes. A la fin du processus arrive l’acceptation. Seule cette dernière permettra aux parents de mettre en uvre des stratégies psychologiques et comportementales nouvelles et positives pour l’enfant. Ces stratégies s’articulent bien entendu autour de l’éducation de l’enfant.

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Implant cochléaire

Dans le cas d’une surdité totale (la cophose), l’appareillage conventionnel atteint ses limites. Il faut alors cherche à stimuler la cochlée par le biais d’impulsions électriques donnant, au niveau du nerf auditif, une représentation codée du son. Pour cela, on introduit un porte-électrode au contact des fibres nerveuses de l’oreille interne (à condition qu’un certain nombre d’entre elles soient encore fonctionnelles).

Ce porte-électrode aboutit à un récepteur placé derrière l’oreille, sous la peau. Il assure le codage et la distribution des impulsions sur les différentes électrodes.

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Appareillage de l'enfant

Guérir une surdité de transmission

Une surdité de transmission peut être diagnostiquée au niveau de l’oreille externe.

  • Un bouchon de cérumen ou l’introduction d’un corps étranger (cotons-tiges et, chez les enfants, perles ou morceaux de jouets…) est parfois à l’origine de ce problème que le médecin ORL solutionnera en effectuant un nettoyage de l’oreille. L’utilisation de gouttes auriculaires antibiotiques contribuera, de plus, à éviter un éventuel début d’infection.
  • Dans le cas d’une otite externe, l’ORL est encore une fois la personne à consulter. La prescription comportera sans doute un traitement antibiotique ou anti-inflammatoire (voire les deux) et parfois même l’évacuation des éventuels abcès au bistouri (sous anesthésie locale).
  • Enfin, dans le cas d’une malformation congénitale qui obstruerait tout ou partie du conduit auditif, on aura recours à la chirurgie. Un bilan par scanner permettra de préciser la nature et l’ampleur de l’intervention.

Une surdité de transmission peut également se déclarer dans l’oreille moyenne ? elle est généralement due à une ou plusieurs otites.

  • Selon leur importance, les otites (moyenne aiguë, moyenne séreuse et/ou séro-muqueuse) amèneront l’ORL à prescrire des antibiotiques, des anti-inflammatoires, un nettoyage des fosses nasales voire même de la cortisone. Si, avec la maladie, une accumulation de pus s’est formée derrière le tympan, une paracentèse (fine incision du tympan) ponctuelle ou permanente* permettra de l’évacuer.
  • Les otites chroniques peuvent amener avec elles un lot de complications beaucoup plus graves. Les infections répétées s’installent peu à peu dans l’oreille et aboutissent à la destruction plus ou moins étendue des osselets. Dans ce cas, le traitement sera très souvent chirurgical et aura pour but de nettoyer et d’assécher les cavités des oreilles afin de permettre la guérison de l’otite.
  • Les otites et les accidents provoquent aussi parfois une perforation du tympan. La baisse de l’audition est alors immédiate : une simple perforation peut causer une déficience auditive de 5 ou 10 dB mais, selon l’étendue de la perforation, la perte peut être plus importante. Là aussi, le traitement est chirurgical, il consiste à réparer les lésions voire à opérer une greffe pour refermer la perforation. Au-delà, quand la chaîne des osselets est également atteinte, on peut conserver ou modifier les osselets ou les remplacer par des prothèses.

Dans le cas d’une otospongiose ou d’une malformation, une intervention chirurgicale est tout à fait envisageable. Un bilan permettra de préciser la nature de l’intervention et son étendue.

Appareiller un enfant déficient auditif

Si les traitements médicamenteux ou chirurgicaux ne s’avèrent pas efficaces ou s’il ne sont pas appropriés, il ne reste plus qu’une option possible : l’appareillage.

Dès que le diagnostic est posé, il faut appareiller l’enfant le plus tôt possible. En effet, il est nécessaire de stimuler l’audition de l’enfant dès son plus jeune âge car, sinon, ce dernier, surtout s’il est atteint d’une surdité sévère ou profonde, risque d’inactiver ses capacités auditives. Une déprivation sensorielle entraîne une atrophie des voies et des centres auditifs.

L’appareillage de l’enfant peut intervenir dès l’âge de 4 mois. Les appareils les plus courants sont les contours d’oreille et les intra-auriculaires placés à l’intérieur du conduit auditif externe. C’est l’audioprothésiste, sur prescription du médecin ORL, qui procède à l’appareillage de l’enfant.
Dans les premiers temps, l’enfant verra l’audioprothésiste toutes les semaines pour procéder aux réglages de l’aide auditive. Les visites s’espaceront peu à peu, tous les mois, tous les deux mois. Néanmoins, l’enfant sourd devra consulter son audioprothésiste au moins 1 à 2 fois par an.
L’audioprothésiste travaille en étroite collaboration avec l’ORL. Une fois l’enfant appareillé, l’ORL vérifie l’appareillage, recoupe et contrôle les résultats de l’audioprothésiste puis lui transmet les informations en retour. Ces deux professionnels de la santé travaillent la main dans la main. Ces fréquentes visites médicales permettent de faire le point et de prendre connaissance des progrès en matière de diagnostic ou de prothèses auditives. On constate parfois de nouvelles baisses de l’audition face auxquelles il faut ré-adapter les réglages de l’appareil.

Enfin, une fois la procédure d’appareillage mise en route, il ne faut pas oublier la visite chez l’orthophoniste. C’est avec lui que l’enfant apprendra à corriger les défauts de langage acquis pendant la période de non appareillage.

Financièrement parlant

Depuis l’arrêté du 11 octobre 2000, les jeunes peuvent bénéficier d’une prise en charge de leur appareillage stéréophonique par la Sécurité Sociale jusqu’à l’âge de 20 ans. Via la CPAM, les jeunes appareillés peuvent également obtenir 2 allocations forfaitaires annuelles d’entretien.

L’arrêté précédemment cité prévoit aussi que :

  • Les enfants de 0 à 2 ans peuvent obtenir le remboursement de 4 embouts auriculaires par appareil et par an.
  • Les jeunes de 2 à 20 ans peuvent obtenir le remboursement d’un embout auriculaire par appareil et par an.

En moyenne, 199,71 euros sont remboursés par appareils.

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Le dépistage de la surdité chez l'enfant

Le dépistage des problèmes d’audition chez les enfants est important. Si le dépistage systématique chez les nouveaux-nés n’est pas encore répandu dans toutes les maternités, cet aspect de la santé de l’enfant est de plus en plus surveillé. Ainsi, dans le nouveau carnet de santé (en vigueur depuis le 1er janvier 2006), un espace est maintenant prévu pour retranscrire les résultats des tests auditifs de l’enfant.

Le premier test est effectué à la maternité. Les tests suivants sont généralement pratiqués par le médecin de famille ou le pédiatre. Ils sont répétés aux âges de 2, 4, 9 et 24 mois car même si le test donne un résultat normal à la naissance, il est essentiel d’examiner régulièrement l’audition de l’enfant. Certaines surdités peuvent en effet s’aggraver progressivement.

En cas de doute sur une surdité, l’enfant doit consulter un ORL, le spécialiste des affections auditives.

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La surdité de l'enfant

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 278 millions de personnes dans le monde souffrent d’une déficience auditive. Le quart de ces déficiences débutent d’ailleurs dès l’enfance.

Dans les familles sans antécédent, un enfant sur 1000 naît sourd. Dans les familles à haut risque, 15 enfants sur 1000 sont affectés d’une surdité dès la naissance. De plus, la Direction générale de la Santé estime que la prévalence de la surdité permanente néonatale est de 3/1000. Selon le rapport Gillot*, il y aurait ainsi en France 450 000 sourds et malentendants d’âge préscolaire et scolaire (0 à 18 ans).

La clé du traitement réside dans le diagnostic le plus précoce possible.

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