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Quelles solutions contre les acouphènes ?

Les acouphènes, ces bourdonnements continus dans les oreilles vite insupportables pour ceux qui les subissent, ne sont pas toujours irréversibles. Thérapie acoustique, stimulation de la mémoire auditive, vasodilatateurs : plusieurs techniques existent pour atténuer la gêne.

Les vasodilatateurs, des médicaments controversés

Dans quel cas utiliser les vasodilatateurs ? Lorsque les acouphènes ont moins de six mois et que l’on ne parvient pas à en déterminer la cause : une agression de l’oreille par un traumatisme sonore (pendant un concert, dans une boîte de nuit…), des maladies type diabète, otite, hypertension…

Comment fonctionnent les vasodilatateurs ? « En dilatant les vaisseaux sanguins, notamment ceux qui irriguent l’oreille, les vasodilatateurs augmentent l’afflux de sang et aideraient les cellules auditives agressées à se réparer », explique le Dr Stéphane Lacher-Fougère, ORL.

Le ginkgo biloba (présent dans Tanakan, Vitalogink…) est l’une des molécules les plus prescrites actuellement. Il faut prendre ces médicaments deux à trois fois par jour pendant un à deux mois, et s’il n’y a pas d’effet au-delà, mieux vaut arrêter. L’efficacité de ces vasodilateurs à base de gingko biloba est toutefois controversée. Ils sont d’ailleurs déremboursés depuis le 1er mars 2012 en raison d’un service médical rendu jugé insuffisant.

Masquer le bruit pour « oublier » les acouphènes anciens

Dans quel cas masquer le bruit ? Pour les acouphènes anciens qui durent depuis plusieurs mois, voire plusieurs années. Il s’agit alors d’un son lié à un traumatisme (maladie, traumatisme sonore…), mais qui reste en mémoire alors que la cause a disparu. Le but est de parvenir à faire « oublier » ce bruit à sa mémoire auditive.

Comment ça se passe ? S’il n’y a pas de perte auditive, le masquage sonore peut se faire en écoutant une liste de musiques, au moment de dormir et dès que l’acouphène devient gênant. L’oreille va mémoriser ces sons et « oublier » l’acouphène. En cas de perte d’audition, le masquage sera effectué par un appareil auditif : le son amplifié étant plus fort que l’acouphène, il finit par prendre sa place. Et si ça ne suffit pas, un générateur de sons peut être ajouté à l’appareil auditif (300 € de plus).

L’audioprothésiste essaiera de trouver les sons qui se rapprochent de l’acouphène pour les diffuser en permanence. L’oreille s’habitue et le cerveau ne prend plus en compte ces sons : on finit par ne plus les entendre !

Apprendre à gérer l’acouphène grâce à une thérapie acoustique

Dans quel cas faut-il maîtriser son acouphène ? Lorsque l’acouphène altère la qualité de vie, entraînant perte de sommeil et stress. « Les gens se sentent démunis face à cet acouphène qu’ils ne savent pas maîtriser. L’objectif est de leur apprendre à mieux le gérer pour pouvoir l’ignorer et finir par l’oublier », explique le Dr Lacher-Fougère.

Comment se déroule cet apprentissage ? Différents spécialistes – ORL, audioprothésiste, psychologue… – travaillent ensemble. « Chacun apporte son savoir-faire : soutien psychologique, explication du fonctionnement de l’oreille, techniques de relaxation comme la sophrologie pour diminuer le stress, stratégies d’évitement du silence, conseils pour trouver le masquage sonore adéquat… », explique le Dr Lacher-Fougère.

Cette thérapie acoustique d’habituation (TAH) peut durer de quelques mois à deux ans, le temps que la gêne disparaisse et que l’acouphène devienne vivable. Une étude menée au Canada auprès de 123 patients a conclu que la TAH était plus efficace que le masquage sonore seul.

Stimuler la mémoire auditive pour les acouphènes résistants

Dans quel cas stimuler la mémoire auditive ? Lorsque l’acouphène est gênant au quotidien et que le masquage sonore associé au soutien psychologique n’a pas donné de résultats.

Comment se passe la stimulation ? La méthode la plus ancienne est la stimulation électrique : des électrodes sont placées au niveau des oreilles et envoient des courants électriques indolores pendant environ 20 minutes dans le cortex cérébral afin de réorganiser la mémoire auditive. L’objectif est de faire disparaître le souvenir sonore gênant qui cause l’acouphène. Le plus souvent, 6 séances (1 à 2 fois/semaine) suffisent.

Plus récemment, une technique de stimulation magnétique a été développée sur le même principe, en envoyant des ondes magnétiques au niveau du lobe temporal, siège de la mémoire auditive. Le protocole le plus courant inclut 5 séances étalées sur 1 à 2 semaines, à répéter éventuellement. Ces techniques sont accessibles chez l’audioprothésiste. Compter 50 à 60 € la séance, non remboursée.

Auteur : Laura Chatelain – Consultant(s): Dr Stéphane Lacher-Fougère, ORL à Bordeaux

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