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Malentendu dans la loi Macron sur... l'audioprothèse

Malentendu dans la loi Macron sur... l'audioprothèse

Propos recueillis par Sylvain Aubril pour lsa-conso.fr

Un amendement a introduit une obligation de devis qui mélange l'optique et les audioprothèses dans la loi Macron, et qui créerait de la confusion. Théoriquement, ce volet devait être examiné dans la loi Santé, qui pourrait encadrer les remboursements des mutuelles, comme pour les lunettes... Luis Godinho, président du Syndicat des audioprothésistes, nous livre sa réaction.

Interview de Luis Godinho, Président du Syndicat national des audioprothésistes (UNSAF)

LSA : Que change la loi Macron pour les audioprothésistes ? Quelle est la part des pure players comme Audika, des opticiens et d'internet sur ce marché ?

Luis Godinho : D'abord, le gouvernement s'était engagé à ce que les articles consacrés à la santé ne soient pas discutés dans la loi Macron, mais dans la loi Touraine sur la santé, et cet engagement n'a malheureusement pas été tenu. L'amendement adopté du député Razzy Hammadi introduit de la confusion en ajoutant une obligation de devis dans un même texte pour les opticiens et les audioprothésistes, qui nous pose problème. L'audioprothésiste n'est pas un opticien, il est fait référence à des "vendeurs" qui n'existent pas dans l'audioprothèse, les problématiques sont totalement différentes. Nous avons déjà depuis longtemps une obligation de présenter un devis normalisé à nos patients, et, sans nous prononcer sur l'utilité d'un nouveau devis pour les opticiens, refusons la confusion résultant d'un texte commun à deux professions différentes. L'optique semble de plus en plus assimilée à un bien de consommation, ce qui n'est pas le cas de l'audioprothèse : il faut 10 à 15 heures pour parvenir à déterminer la perte d'audition et à la compenser, avec un dialogue permanent avec le patient. Impossible de vendre des audioprothèses sur internet, ça ne marche pas sans accompagnement humain. Ce n'est pas le même marché non plus : l'audioprothèse représente 900 millions d'euros de chiffre d'affaires, 6,5 fois moins que l'optique, pour 3000 audioprothésistes dont 25 % sous enseigne Audika et Amplifon, 30 % sous enseignes diverses comme Audio 2000, 30 % audioprothésistes indépendants sans enseigne, 10 % sous enseigne Audition Mutualiste et quelques pourcents pour Optical Center et Afflelou.

Source : lsa-conso.fr

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